Nicolas Sarkozy arrive à la tribune, l’air épuisé et franchement déçu. Il vient présenter les conclusions de la Conférence de Copenhague, la conclusion d’un mauvais accord plutôt que pas d’accord du tout.

A 22h51, pendant que le Président Français nous présente l’accord comme étant une avancée nécessaire, Itélé montre le visage de Nicolas Hulot, profondément atterré, K.O. debout. Je me sens comme lui ce soir, c’est l’illustration du déroulé de ce sommet : on est passé à côté de l’Histoire.

Donc ce soir, on n’a pas d’accord, mais une « déclaration politique » extrêmement vague et manquant singulièrement d’ambition. Le chiffre des 2°C cache un vide abyssal que Nicolas Sarkozy a bien du mal à défendre devant un parterre de journalistes évidemment très déçus. Il sait que « l’accord n’est pas parfait, mais qu’il l’assume en conscience », car « il engage toute la communauté internationale ».

Assez difficile de rentrer dans les détails à chaud, mais quels sont les vraies avancées ?

  • l’engagement à limiter le réchauffement climatique à 2°C, mais comment ?
  • grâce à une feuille de route nationale d’objectifs de réduction précis d’ici 2015-2020 que chaque pays s’engagera à respecter
  • il s’agit d’une déclaration POLITIQUE, a répété M. Sarkozy. Donc sans aucune contrainte juridique de respecter les engagements !
  • puis de décliner comme des avantages terribles l’émergence de « financements innovants » et d’une « adaptation de la législation pour s’accorder aux objectifs ». Une manière de botter en touche
  • le seul point positif, ce sont ces 100 milliards par an (à partir de 2012) reversés notamment à 20% à la lutte contre la déforestation. Mais ces fonds seront-ils intégrés au marché du carbone ? Si c’est le cas ça n’a rien à voir avec une contribution désintéressée, ce sera du business de crédits carbone

Le Président français a reconnu regretter l’abandon de l’objectif de 50% de réduction d’émissions de GES d’ici 2050 et l’échec du projet d’une Agence Mondiale de l’Environnement, remplacé par une Agence Européenne… Il a aussi bien taclé l’organisation de la COP15 😉

A une très bonne question d’Olivier Mazerolles, qui lui a demandé pourquoi l’Europe avait signé cette déclaration si elle n’était pas assez ambitieuse, Nicolas Sarkozy répond qu' »on peut substituer l’objectif global de 50% de réduction d’émissions contre un autre chiffre aussi ambitieux de limitation du réchauffement à 2°C » (!!!). Il a ensuite corrigé le tir en avertissant qu’en ne signant pas l’accord, on exonérait la Chine et l’Inde de toute contrainte…

En parallèle, Barack Obama a parlé d' »un accord significatif mais avec des progrès insuffisants ». Comme M. Sarkozy, il a précisé la nécessité de transformer cette déclaration en traité juridiquement contraignant.

Pour les curieux, vous pouvez lire l’accord disponible en .pdf.

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