Le moulin de Vénéjan ne brasse pas que du vent, lui

Coralie est une jeune femme de 32 ans qui a disparu voici 3 semaines de son village de Vénéjan, dans le Gard. Elle avait laissé sa fille de 2 ans chez ses grands-parents pour aller faire des courses, et n’est jamais revenue la chercher. Elle s’est volatilisé avec sa voiture, sans portable, sans clés, sans CB. On imagine l’angoisse de ses parents, son frère, sa fille et son mari.

Et pourtant, qui a entendu parler de cette affaire ? Pas même une brève dans un grand national ! Le plus médiatique ? Un article sur TF1.fr lu moins de 30.000 fois. Pourquoi pas un reportage dans les journaux télévisés ? Parce que cet événement s’inscrit dans une réalité quasi-quotidienne : plus de 10.800 familles sont dans ce cas en France !

Mes parents habitent la maison en face de celle des parents de Coralie, et tout le village est sous le choc de cette disparition inquiétante.

Une famille dans l’expectative

Je ne connais pas Coralie à titre personnel, et donc je peux juste essayer d’imaginer le désarroi de ses parents. En tant que voisin, comment réagir ? Pas facile de se montrer présent sans être inquisiteur, d’être là sans donner dans la pitié… La famille de Coralie se mobilise à fond. Elle accompagne les pompiers qui sondent le Rhône (hypothèse accident de voiture), ils ont loué à leurs frais un hélicoptère pour patrouiller et faire des repérages aériens (hypothèse voiture calcinée, ou cachée dans les environs). Le frère de Coralie a créé un blog pour informer les proches sur l’avancée des recherches. Dimanche, une battue a été organisée pour fouiler les bois environnants ; plus de 150 personnes se sont réunies.

Un village sous le choc

Vénéjan, c’est paumé dans le Gard, un département qui va mettre 20 ans à se relever de la fermeture progressive du site industriel de Marcoule. Un village perché vraiment très joli qui compte moins de 1200 habitants… Lorsqu’un événement comme cela arrive, évidemment tout le monde se sent concerné. Et le sentiment d’être abandonné doit être assez dur. Par exemple, la police n’a pas interrogé mes parents, qui vivent en face. De même, à part le Midi Libre, aucun média ne couvre l’affaire.

Une triste banalité ?

Une personne majeure qui disparaît peut le faire aussi par choix, et ça arrive souvent… A ce moment là, aucune poursuite n’est possible de la part de la famille pour retrouver la personne. C’est son choix, elle a le droit. D’après l’association Manu, qui soutient les familles touchées par ces disparitions, plus de 10.800 personnes sont inscrites au fichier des personnes disparues de manière volontaire.

Alors les journalistes restent à Paris, tranquillement. Puis un jour, une dépêche AFP tombera.

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