Le second opus des aventures de Jean Dujardin Hubert Bonisseur de la Bath, élite de l’espionnage français de la fin des années ’60, est sorti hier dans les salles de cinéma françaises. Réalisé par Michel Hazanavicius, un des co-réalisateurs du Grand Détournement, OSS 117, Rio ne répond plus promet déjà d’être un carton : pour sa première journée d’exploitation mercredi 15 avril, il a fait plus de 54 000 entrées !

On est allé le voir hier. Verdict ? Si tu n’as pas la Dujardin’s attitude, tu peux passer ton chemin. Par contre, si James Bond et son brushing toujours impeccable te gave, que tu aimes l’humour lourdaud et les ambiances sixties, ce futur sommet des box-offices français te plaira.

Le rôle de Hubert Bonnisseur de la Bath colle à la peau de Jean Dujardin, qui excelle en faux sex-symbols

Le rôle de Hubert Bonnisseur de la Bath colle à la peau de Jean Dujardin, qui excelle en faux sex-symbol (n'empêche que là, il s'éclate bien

Scénario et réalisation

Michel Hazanavicius a une nouvelle fois réuni son équipe-type pour une suite des exploits de Jean Dujardin Hubert Bonisseur de la Bath. Après OSS 117 : le Caire, nid d’espions, il livre une suite plutôt regardable à laquelle j’ai plus ri encore : OSS117 : Rio ne répond plus. Dès la première scène, la salle, acquise à Jean Dujardin, s’esclaffe des boufonneries de l’espion en pleine représentation au milieu d’une vingtaine de geishas lors d’une soirée dansante.

Première scène du film, Hubert traite les femmes comme un mufle, c'est drôle

Première scène du film, Hubert traite les femmes comme un mufle, et c'est drôle

12 ans après le Caire (nous sommes en 1967), M. Bonnisseur (alias Noël Flantier) est envoyé en mission à Rio pour récupérer moyennant rançon un micro-film contenant une liste de collabos français sous l’Occupation auprès d’un ancien lieutenant nazi. Dès son arrivée il se rend compte que Rio grouille d’espions est tombe dans tous les pièges du genre. On assiste alors à une comédie lourdingue entre la CIA, le Mossad et les nazis.

La mise en scène et la réalisation ultra-soignée de M. Hazanavicius parvient à cacher un scénario bien mince qui n’est qu’un prétexte pour laisser la bêtise de l’espion s’exprimer et les gags s’enchaîner, parfois de manière trop systématique (les scènes de tirs nourris, les chinois qui veulent se venger). Mais Hazanavicius rend une copie qui semble d’époque : grain de l’image, logo de Gaumont « à l’ancienne », effets de split d’écrans totalement seventies… Du propre.

Des comédiens pour amener les répliques à Jean Dujardin

Jean Dujardin, qui qualifie lui-même d' »abruti » son personnage d’Hubert Bonisseur de la Bath, incarne pourtant parfaitement cet espion loser, macho, raciste, antisémite, réac’, imbu de sa personne. Insupportable OSS 117, coupable pourtant de répliques CULTES qui me font encore marrer en rédigeant ce post.

« Moi aussi je vais enfiler quelquechose de confortable », « D’égal à égal ? On en reparlera quand il faudra porter quelquechose de lourd » (à son homologue féminin du Mossad, Dolorès)… et quand il fait un speech réac’ aux hippies de la plage de Rio, juste avant un cachet de LSD et une scène d’amour vraiment très drôle : « Qu’est-ce que vous croyez ? Que vous allez changer le monde ? Le monde ne vous attendra pas ! Il avance, et il va chez le coiffeur ! »

"Et le monde, il va chez le coiffeur !"

"Et le monde, il va chez le coiffeur !"

Un sens des répliques qui fait mouche bien souvent, tant Hubert est totalement à la masse dans un monde qui change. Et notamment la France gaulliste d’avant Mai 68, pas aussi résistante que le Général voudrait le faire croire :

Dolorès : Le Brésil, pas une dictature ? Mais comment appelez-vous un pays dirigé par un militaire, qui a les pleins pouvoirs, où les médias sont muselés et où la seule chaîne de télévision est celle de l’Etat ?

Hubert : La France Madame ! La France du Général de Gaulle !

Dolorès justement est une moderne lieutenant du Mossad interprétée par Louise Monot (les pubs Bourjois), On notera aussi la présence sympathique de Pierre Bellemare.

Hmm… et sinon, quoi d’autre au cinéma ?

Bon évidemment, si tu fais partie des derniers à ne pas avoir vu Slumdog Millionaire, tout n’est pas perdu puisque ce petit bijou passe encore dans quelques salles. Dans la série, « clichés nationalistes d’un héros au coeur tendre », on peut toujours aller voir avec beaucoup de plaisir Clint Eastwood dans sa Gran Torino… Enfin, l’immense Sean Penn incarne Harvey Milk dans le film du même nom pour un grand moment de cinéma (« d’Histoire et d’humanité », rajoute même le titre de l’article !).

En revanche, comme nous, tu peux te passer de Predictions et du décevant Monstres contre Aliens, le dernier Dreamworks.

Allez, un coup de bande-annonce pour se marrer un peu :

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