De passage en France pour quelques jours, Paul Watson a donné une conférence à l’occasion du salon Planète Durable vendredi 3 avril (également une autre à Jussieu samedi). Souvent qualifié d' »éco-terroriste », de « pirate justicier », le Capitaine Watson a remué l’assemblée présente avec son discours choc teinté d’action positive. Si vous ne connaissez pas cet homme, en guise d’introduction je vous invite à regarder ce reportage de l’excellente émission Vu du Ciel.

paul-watson-captain-fouder-sea_shepherd

Qui es-tu, Paul Watson ?

Pirate, on vous dit

Pirate, on vous dit

Canadien, né dans un village de pêcheurs, Paul Watson devient garde-côte, puis participe à la fondation de Greenpeace au début des années 1970. Il est de toutes les campagnes, jusqu’à ce que le costume de l’ONG lui semble trop étriqué (et l’organisation trop bureaucratique). En 1977, il claque la porte pour lancer la Sea Shepherd Conservation Society, plus connue sous son petit nom Sea Shepherd.

Son objectif est de faire appliquer les lois de conservation et de protection de la vie marine en haute mer, comme par exemple le moratoire mondial sur la pêche à la baleine (1986), dont 3 pays – Norvège, Islande et bien sûr Japon – continuent à se foutre royalement, pour de pseudos-raisons scientifiques.

Mode d’action : la « non violence agressive »

Les combats de la Sea Shepherd sont donc orientés principalement à la défense des baleine en Antarctique, mais aussi à la sauvegarde des sanctuaires marins : lieux de reproduction d’espèces protégées ou en danger, écosystèmes rares, etc. L’association se bat contre des baleiniers, des pêcheurs illégaux sans scrupules pour la plupart, donc il faut être ferme dans ses actions.

Oubliez les pétitions et les meetings à la Bastille. Le Capitaine Paul Watson l’a expliqué vendredi : « il n’y a qu’un pirate qui pourra empêcher les pirates de sévir ». Donc Sea Shepherd agit sur les mers, avec des bateaux équipés pour la poursuite des baleiniers et des actions « coup-de-poing » non-violentes :

  • poursuite maritime et perturbation des opérations de pêche illégale
  • aggression à la motte de beurre pourrie et à la crème (chocolat, strawberry) pour bien pourrir le bateau adverse
  • intervention en Zodiac pour se placer entre le harpon et la baleine pousuivie
  • quand ça chauffe, abordage en règle
  • enfin, envoi par le fond de bateaux à quai
initiales BB...

initiales BB...

Il s’appuie pour cela sur la Charte Mondiale pour la Nature des Nations-Unies qui « autorise les ONG et les citoyens à faire appliquer les lois de protection de l’environnement lorsque les Etats sont dans le refus ou l’impossibilité de le faire ».

C’est pour cette raison, et aussi parce que les bateaux qu’il agresse sont hors-la-loi, que le Capitaine Watson, héros de la sauvegarde de l’environnement, n’a jamais été poursuivi pour ses actions. En plus de 30 ans, aucun homme n’a été tué ou blessé durant ses campagnes.

« Engagez-vous » qu’il disait

Parce que les hommes que Paul Watson et la Sea Shepherd affrontent sont des putains de bourrins, et que les actions qu’ils empêchent sont ignobles et barbares, je vous propose un film qui explique tout ça mieux que des mots.

Par ailleurs, Rob Stewart est un genre de surfeur sympa qui a fait un film sur les requins en 2007 : Sharwater (Les Seigneurs de la Mer en français). Plus de 80 millions de requins sont pêchés chaque année pour leurs ailerons essentiellement, ce qui en fait aujourd’hui une espèce menacée d’extinction. Au sommet de la chaîne alimentaire, le requin a un rôle primordial dans l’équilibre de l’écosystème marin depuis 400 millions d’années. Il a rencontré la Sea Shepherd et ont lutté ensemble sontre la pêche abusive. Je vous propose un extrait vidéo du film ici :

Connaître ces pratiques sans pouvoir agir est insupportable, et rencontrer Paul Watson la semaine dernière m’a vraiment interpellé : comment agir ?

Que faire ?

Publicités