Sommes-nous capable de percevoir la beauté où elle se trouve, même dans un moment locatif et/ou temporel inadapté ?

En 2007, le Washington Post a mené une expérience : faire jouer incognito Joshua Bell, un des plus grands violonistes du monde, 45 minutes dans une station de métro de Washington… Il a joué sur un violon d’une valeur de 3,5 millions de dollars 6 morceaux de Bach, parmi les plus difficiles qu’il ait écrit.

Résultat : sur les milliers de personnes qui sont passées devant Joshua Bell, 6 se sont arrêtées pour l’écouter. 32 dollars de recettes. La semaine précédente, il faisait salle comble à Boston, avec un prix moyen des places autour de 100 dollars…

Une amie m’a fait suivre cette très belle note du blog de Frédéric Ferney, dont la conclusion est la suivante : si nous n’avons pas une minute à perdre pour écouter l’un des plus grands musiciens du monde, combien d’autres choses ratons-nous ?

Mise en perspective : il y a quelques mois, la RATP frappait un grand coup en organisant des concerts gratuits de Keziah Jones dans le métro parisien. Savamment marketée, cette opération fut un très grand succès. Ils ont joué à fond la carte du buzz sur le « retour aux sources ». Pour 1 Keziah Jones, combien d’artistes n’arriveront jamais à percer ?

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