"Yes, I can"

"Yes, I can"

Ca chauffe sur « la Grande Île ». Alors que Madagascar vient de se manger 2 cyclones la semaine dernière, des tensions récurrentes depuis plusieurs semaines entre le Président Marc Ravalomanana et le maire d’Antanarivo Andry Rajoelina sont en train de prendre beaucoup d’ampleur. Plus de 40 000 personnes défilaient lundi 26 janvier, et les locaux de la Radio Nationale Malgache ont été saccagés dans la foulée. La lutte se politise et la perspective d’un coup d’Etat est clairement d’actualité. Historique du conflit.

Au départ, c’est l’actuel Président qui semble avoir déclaré la guerre, quand le gouvernement a ordonné la fermeture de la chaîne de télévision privée Nova le 13 décembre dernier, qui appartient à M. Rajoelina. Le maire de Tana a donc posé un ultimatum pour récupérer « sa » chaîne d’ici le 13 janvier. Ultimatum resté sans réponse, sinon l’avertissement du Président Ravalomanana lors de ses voeux aux ministères, lorsqu’il a mis « en garde ceux qui seraient tentés de fomenter des troubles ».

L’objet des tensions, au départ médiatique (berlusconnesque, pourrait-on dire), devient une lutte pour le pouvoir. Aujourd’hui, le Maire de Tana harangue les foules en prônant la liberté du peuple, la libération des prisonniers politiques, et rassemble de plus en plus de partisans. « Le pouvoir appartient au peuple, il peut se l’accaparer ; à chaque heure qui passe, le pouvoir prouve la dictature. Il y a beaucoup trop de prisonniers politiques et quand je serai au pouvoir, ils seront tous libérés, sauf les assassins. Samedi, des étudiants à l’université d’Ankatso ont été emprisonnés pour des raisons qui n’ont pas été claires. Nous allons demander leur libération immédiate », at’il déclaré (propos repris par Exprimanoo.com).

Pour l’actuel Président, les manifestations s’apparentent à de la « désobéissance », car Madagascar est « un Etat de droit ». Du coup, le Premier Ministre projetterait de faire arrêter M. Rajoelina. Ambiance.

S’il est difficile d’obtenir des informations précises, mon ami Romuald qui vit à Madagascar, décrit un climat de violence : les bureaux du WWF, où il travaille, ont été fermés et les expatriés restent chez eux en attendant les consignes de leur ambassade.

Affaire à suivre donc, avec un peu d’inquiétude.

Mise à jour (mercredi 28 janvier, 12h00) : les manifestations de lundi auraient causé la mort de plus de 30 personnes.

Publicités