Vous n’êtes pas encore allés voir le film ? Dépêchez-vous avant d’être le dernier ! Réalisé par le britannique Danny Boyle (Petits meutres entre amis, Trainspotting, La Plage, 28 jours plus tard), Slumdog Millionaire raconte l’incroyable aventure d’un jeune Indien illettré qui remporte le gros lot au jeu télévisé « Who wants to be a Millionaire ? ». Le film est un vrai succès : plébiscité par le public, il a été également primé à 4 Golden Globes et nominé à 10 reprises pour les Oscars.

Mais cet excellent moment de cinéma ne passe pas bien pour tout le monde. Une association de résident du bidonville de Dharavi à Bombay, le plus grand d’Asie et où a été tourné le film, a porté plainte pour diffamation : le film violerait les droits de l’homme et la dignité des pauvres… Slumdog Millionaire poursuivi ? Mon avis sur la question.

Le représentant de l’association, M. Vishwakarma, a déclaré qu’il ne kiffait pas totalement l’expression « slumdog » (chien des bidonvilles) pour qualifier les dizaines de millions de personnes vivant dans des bidonvilles en Inde. Ce qui peut s’entendre. Là où on commence à s’interroger sur la légitimité de l’action, c’est qu’il raccroche cela à la nationalité du réalisateur : selon son avocat, « il ne s’attendait à rien de positif venant d’un réalisateur britannique, puisque ses ancêtres nous qualifiaient de « chiens » »… Même si l’Inde a été colonisée jusqu’en 1947 par les rosbeefs, ça paraît un peu gros.

Alors quoi ? Oui, dans Slumdog Millionaire, on voit des gosses qui volent, des macs qui organisent la mendicité des enfants et font acte de cruauté, des conditions d’hygiène déplorables, des communautés entières frappées par le malheur et condamnées à leur sort. Mais au-delà des images dures que véhicule le film sur cette existence difficile, de vraies valeurs émergent pourtant : amitié, solidarité, débrouillardise… On retient le bonheur et les couleurs du film.

Peut-être y a-t’il, derrière cette plainte, des retombées financières attendues pour que Dharavi bénéficie un peu de la manne du film, ce qui semble légitime. Mais porter plainte contre l’acteur principal Anil Kapoor et l’auteur de la bande-originale (qui n’ont rien à voir avec les chefs d’accusation) ne semble pas le meilleur moyen d’y parvenir… Audience judiciaire calée le 5 février.

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