new_york_times_4_july_2009_yes_men2Extraordinaire opération de communication le 12 novembre dernier aux Etats-Unis. 1,2 million d’exemplaires du New-York Times sont écoulés dans la journée. Particularités ?

  1. Il est gratuit
  2. Il est daté du 4 juillet 2009
  3. Il annonce en actu la fin de la guerre en Irak, et une vingtaine de nouvelles faisant montre d’une volonté progressiste plutôt détonnant
  4. Il est rédigé par le collectif Yes Men…

IRAK WAR ENDS

IRAK WAR ENDS !

Déjà, qui sont les Yes Men ? Il s’agit d’une guérilla altermondialiste visant à véhiculer des messages par importante voie médiatique, souvent par l’absurde ou via des canulars. Les Yes Men sont deux, ils se font appeler Andy Bichlbaum et Mike Bonanno.

Quelle est leur stratégie classique d’intervention ? Ils montent des sites Internet bidon et jumeaux de sites de grandes institutions ou entreprises (OMC, Dow Chemicals) et se font inviter à intervenir lors de conférences ou à la télévision, et font alors des annonces énormes (lire plus bas).

Que nous raconte le New-York Times du 4 Juillet 2009 ? Un site Internet existe ! D’abord le gros titre est sur la fin de la guerre en Irak et le retour immédiat des troupes, mais il y a quelques perles de politique nationale et internationale : nationalisation des entreprises pétrolières pour mieux lutter contre le changement climatique, George W. Bush poursuivi pour Haute Trahison, ou encore le vote imminent du nouveau système de protection sociale américain…

Bref, beaucoup d’idées nouvelles et très positives. Une manière nouvelle de faire passer ses idées. Les Yes Men frappent ici un grand coup et assoient définitivement leur réputation.

the_yes_men1Un exploit des Yes Men : le 3 décembre 2004, Andy Bichlbaum apparaît en direct sur BBC World en affirmant s’appeler Jude Finisterra et être un porte-parole de Dow Chemicals, géant américain de l’industrie chimique qui a absorbé en 2001 Union Carbide, la compagnie détenant 50,09% de l’usine responsable de la catastrophe de Bhopal (plus importante catastrophe industrielle du monde, qui a fait des dizaines de milliers de morts et d’invalides en Inde en 1984). Sur leur faux site Web de Dow, les Yes Men affirmaient clairement que la Dow Chemicals n’avait en aucun cas l’intention de dédommager les 80.000 plaignants. La Dow avait alors été très critiquée et avait nié cette affirmation (tout comme la fausse Dow, celle des Yes Men), mais sans prendre de mesure concrète.

Les Yes Men avaient donc décidé d’augmenter la pression, d’où l’entrée en scène de « Jude Finisterra » annonçant à la télévision que Dow avait prévu de vendre Union Carbide et d’utiliser les 12 milliards de dollars produits par cette vente pour fournir des soins médicaux aux victimes, nettoyer le site et financer des recherches sur les dangers des autres produits de la compagnie ! Cette fausse information a été largement répercutée dans les médias pendant deux heures avant d’être démentie par Dow dans un communiqué de presse, ce qui a provoqué une couverture médiatique encore plus importante…

Publicités